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Prologue (extrait)


    L’homme aux lunettes noires gratta une allumette et approcha la flamme de sa cigarette. Il aspira et un nuage de fumée fantomatique s’éleva lentement. L’homme parcourut la rue du regard et apprécia la tranquillité de ce coin charmant.

    Le soleil brillait, des arbustes verts égayaient les jardins entretenus, de jolies maisons en bois bordaient la rue, les feuilles frémissaient sous une brise matinale qui s’emplissait d’odeurs et de mélodies, parfumée par la fraîcheur des glycines, bercée par le chant des cigales et le doux gazouillis d’un colibri. Un rire insouciant se mêla à cet harmonieux concert, celui d’un enfant blond qui criait et sautillait de joie sur le trottoir, tirant un perroquet multicolore au bout d’une ficelle.

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Extrait :

Bipartition du temps
Un premier découpage traditionnel du temps consiste à opposer ce qui ressort de la simultanéité et ce qui a trait à la succession. C’est une opposition similaire  qui a alimenté le débat entre H . Berg on et G. Bachelard · pour le premier, la durée comme donnée immédiate de la conscience est une réalité psychologique alors que le second considère cette durée comme une simple construction mentale seul pour lui e …

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NOTE SUR CETTE EDITION


Le texte reproduit ici constitue le chapitre XLIV du Supplément au
Monde comme volonté et comme représentation.
La traduction des citations grecques, latines, anglaises, espagnoles, etc. a
été réinsérée dans le corps du texte entre crochet.
Toutes les notes et références de la traduction A. Burdeau ont été
conservées.

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Introduction
Lorsque Schopenhauer publie, en 1841, Les Deux Problèmes fondamentaux de l'éthique — c'est-à-dire La Liberté de la volonté1 et Le Fondement de la morale2 —, il
n'est plus le jeune philosophe conquérant auquel Goethe avait prédit un brillant avenir. Voilà plus de vingt ans qu'il a produit, sans succès, son œuvre majeure — Le Monde comme volonté et comme représentation3 —, près de dix ans qu'il mène à Francfort une vie de rentier solitaire, tout entière vouée à la rumination de son « unique pensée », la distinction, reprise de Kant, entre le phénomène et la chose en soi, qui deviennent, dans le système de Schopenhauer, la représentation, soumise au principe de raison suffisante (espace-temps-causalité), et la Volonté, une, universelle, indestructible et libre. Et il lui faudra patienter encore une décennie pour connaître enfin la gloire avec la publication de ses Parerga et Paralipomena (1851), qui, d'ailleurs, n'ajoutent rien de décisif au livre de 1819. Mais qui est donc
cet homme amer, sinon acrimonieux ? Et comment expliquer son insuccès durable, d'autant plus étonnant qu'il fut suivi d'un triomphe plus éclatant, aussi bien en France qu'en Allemagne ? La philosophie allemande, en cette première moitié du XIXe siècle, est marquée par l'influence considérable de Hegel (1770-1831). Schopenhauer l'avait d'ailleurs ............